Que se passe-t-il quand on est invité au mariage d’une jeune indienne dans le Kerala? Récit d’une semaine de cuisine, de saris, de senteurs de coco beurrée et d’éléphants.
Le Kerala, c’est tout au Sud, vous voyez Kochi (Cochin), c’est là! Mais une fois arrivée, je suis encore à trois heures de route du petit paradis dans lequel vivent Sangeeta, mon amie et future mariée et sa famille. Au milieu des cocotiers et d’une humide fraicheur se dressent de jolies maisons colorées. Roses, violettes ou blanches. Chaque hôte est prêt à vous faire visiter sa maison, à vous montrer son temple, à vous faire gouter ses noix de coco bruyamment tombées de l’arbre.
1. Au rayon gastronomie, la famille de Sangeeta est pure veg (c’est-à-dire végétarienne, donc ni viande ni poisson). Les repas, c’est assis par terre, en famille mais pas tous en même temps. Il y a toujours une ou deux personnes qui nous servent. Nous mangeons avec les mains (j’ai pas dit avec les doigts), en mélangeant tout dans le creux de la main. Trois fois par jour, nous dégustons des idili (des petits gâteaux de riz cuits) arrosés de coco chutney, agrémentés de légumes frais marinés dans du yaourt et relevés par des bananes croquantes. En dessert, du paal payasam, un riz au lait sucré, le tout accompagné de thé indien au lait sucré. Nous mangeons dans de grandes feuilles de bananes que nous plions quand la faim disparait. La blague consiste à faire resservir discrètement mon amie Manie, qui peine ensuite à terminer sa troisième ration de riz!
2. On prends des photos, beaucoup de photos. Celui qui n’apparait pas sur les clichés ne pourra pas dire qu’il était là! La veille du mariage, toutes les femmes portent le sari keralais. Blanc avec une bordure dorée, il se compose de deux parties, une pour la jupe, pliée comme tous les saris, et une pour draper sur l’épaule. La tradition au Kerala veut que les femmes ne portent que des bijoux en or. J’ai essayé d’expliquer le concept de l’or blanc pour justifier ma pauvre parure, mais ça n’a pas marché… Et les femmes étaient à deux doigts de me percer les oreilles! Je m’en suis sortie avec une banale allergie à la colle de mon bindi.
3. On se nourrit de noix de coco sous toutes ses formes, en jus, en gelée, fraiche (avec la consistance d’une méduse), râpée, en huile capillaire… Tout est bon dans la noix de coco. Le matin, l’un des hommes de la maison s’attache une corde entre les chevilles et grimpe dans l’un de nombreux cocotiers qui entoure la maison pour faire tomber le fruit sous le regard bienveillant de la cuisinière.
4. A quelques kilomètres de rickshaw noir et jaune se trouve un sanctuaire d’éléphants. Je m’attendais à voir des carcasses géantes de l’animal sacré. De fait, c’est un parc ou chaque bête s’affaire au milieu d’un tas de feuilles de palmier. Bien qu’ils soient attachés, les majestueux pachydermes sont fascinants à observer. Certains se font laver le corps à l’aide d’une noix de coco tranchante. Le bruit de l’écorce sur leur peau rugueuse et poilue est un régal! Ne me demandez pas pourquoi je suis assise sur la patte de cet éléphant, on m’a proposé, c’est tout!
5. Avant de venir, Sangeeta me demande si je serai dans mes “mauvais jours” pour son mariage. Si tel eut été le cas, je n’aurais pas pu participer à la cérémonie! Le jour dit, nous nous levons à quatre heures pour rejoindre la maison d’un membre de la famille du futur mari, à trois heures de route. Dans une salle des fêtes du village, les mariés se retrouvent, sans échanger un regard. Chacun est entouré par sa famille et se livre à des rituels de bénédictions impénétrables pour moi. La pièce est enfumée par l’encens et le bois brulé, les mariés transpirent sous les flashs des photographes. Une heure plus tard, le mariage arrangé depuis six mois par les deux familles est conclu.
6. La “voiture officielle” du couple est décorée de fleurs et des noms des époux. Après la cérémonie, Sangeeta part s’installer à Bangalore, chez sa nouvelle famille. A 26 ans, elle n’avait aucune envie de se marier, et encore moins à cet homme qu’elle n’avait rencontré qu’une fois.
Le Témoignage de Sangeeta, à la veille de son mariage.
Contrairement à ce qui m’avait été annoncé, ce mariage ne fut en aucun cas festif. Ni musique, ni danse. Mais écoutez quand même un chant keralais, pendant que les femmes fabriquent des ficelles à partir de tissus qui seront ensuite bénies pendant le mariage.







3 commentaires
11 septembre 2008 à 12:10
Je suis tout triste
20 septembre 2008 à 5:26
Quoi c’est tout?? Il n’y a pas de “Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants”???
En tout cas j’espère qu’elle réussira à être heureuse malgré tout!
23 septembre 2008 à 12:31
Vous êtes toutes très belles…et j’ADORE la photo assise tout près de l’éléphant…pense fort à toi ma belle